Mardi 27 janvier à Bruxelles, devant le Parlement européen et l’ambassade indienne, des militants ont dénoncé les attaques de l’État indien contre le Parti communiste d’Inde (maoïste) dans le cadre de l’opération Kagaar, menée depuis deux ans par le gouvernement de Narendra Modi. Cette opération, mobilisant plus de 60 000 militaires et forces paramilitaires depuis janvier 2024, a entraîné des centaines de morts parmi les membres du parti et les populations locales, en particulier les adivasis, ainsi que de vastes arrestations.
Les participants à la manifestation, dont l’AVEG‑KON, l’ATİK, TSP ou encore le Secours Rouge de Belgique, ont dénoncé la complicité des États européens soutenant le régime fasciste indien. Des banderoles et slogans réclamaient l’arrêt immédiat de l’opération Kagaar et affirmaient leur soutien à la guerre populaire menée par les maoïstes. Un rassemblement similaire était également organisé à Vienne au même moment.
Âgé de 22 ans et dernier prisonnier de la campagne de Palestine Action à poursuivre sa grève de la faim, Umer Khalid a interrompu sa mobilisation le 27 janvier après avoir été hospitalisé pour insuffisance organique à Londres. Atteint de dystrophie musculaire des ceintures, il refusait également de boire de l’eau depuis le 23 janvier, mettant sa vie en danger. Sa mobilisation visait à dénoncer les conditions carcérales, le refus de soins, la censure de ses communications et l’atteinte à sa pratique religieuse, ainsi qu’à obtenir un procès équitable et la levée de restrictions injustes. Grâce à sa résistance, plusieurs de ses revendications ont été partiellement obtenues : retour du courrier et des vêtements, fin des restrictions de visites et réunion avec le directeur de la prison. Khalid a affirmé : « Il n’y a aucune considération pour nos vies dans ces cellules. Jusqu’à ce que cela change, nous continuons à résister. »
La fin de sa grève marque aussi la fin de la grève de la faim collective entamée le 2 novembre 2025 par huit prisonniers dans six prisons britanniques (voir notre article). Selon leurs soutiens, cette mobilisation a contribué à faire échouer un contrat militaire de 2 milliards de livres entre le Royaume‑Uni et Elbit Systems, entreprise israélienne d’armement, et a relancé une dynamique de mobilisation directe contre l’industrie militaire liée à Israël. Les grévistes présentent leur action comme un acte de résistance contre la complicité de l’État britannique dans la guerre à Gaza et affirment que leur lutte se poursuivra en dehors des prisons.
Le 20 janvier 2026, l’armée israélienne a arrêté Walid Harazna, étudiant à l’université de Birzeit et membre de l’Union démocratique de la jeunesse palestinienne, alors qu’il se rendait à l’université, six mois après sa libération précédente. Hier, il a été transféré en détention administrative pour quatre mois. Harazna est ciblé en raison de son rôle dans le bureau exécutif du Bloc de l’unité étudiante et son engagement politique au sein du mouvement étudiant.
En Turquie, une infirmière d’Istanbul a été arrêtée le 26 janvier 2026 pour avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle se tressait les cheveux en solidarité avec les YPJ (Unité de Proection des Femmes) du Rojava. Accusée de « propagande terroriste », elle n’a fait qu’un geste symbolique pour dénoncer la violence contre les femmes kurdes en Syrie par les groupes djihadistes. Les autorités turques, qui assimilent les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, une coalition militaire dirigée par les YPG/YPJ) au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), criminalisent cette expression de solidarité, tandis que des manifestations pro-kurdes se multiplient dans le pays. L’affaire intervient dans un contexte de négociations fragiles de paix entre Ankara et le PKK, soulignant la pression exercée sur toute forme de protestation ou de soutien politique aux Kurdes.
Le 26 janvier 2026, le tribunal du Pirée a condamné le militant révolutionnaire turc Halil Demir à 4 ans et demi de prison à l’issue d’une procédure expéditive marquée par une violation flagrante du droit à un procès équitable. Malgré l’indisponibilité de son avocat, le tribunal a refusé le report d’audience ainsi que la désignation d’un avocat commis d’office, conduisant à une condamnation sans défense, sans prise de parole et sans véritable procès. Cette affaire est directement liée aux événements de 2021 à la prison de Korydallos, où des prisonniers politiques turcs avaient été frappés dans l’enceinte du tribunal : Halil Demir est poursuivi pour avoir résisté à ces violences. En réaction, il a entamé une grève de la faim pour exiger le respect de ses droits fondamentaux. Ses soutiens dénoncent une coopération répressive entre les États grec et turc visant à criminaliser les réfugiés et militants politiques, et appellent à une solidarité internationale.
En Ouganda, le gouvernement de Yoweri Museveni justifie une vaste offensive sécuritaire après les élections du 15 janvier 2026 par la lutte contre de supposés « gangs criminels », tout en assumant la coupure d’Internet et les arrestations. Selon des responsables militaires, des milliers de partisans de l’opposition auraient été arrêtés et plusieurs dizaines tués.
Des agents de la police états-unienne de l’immigration (ICE) doivent être déployés aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février 2026) pour appuyer la sécurité de la délégation états-unienne, en soutien au service diplomatique des États-Unis. Officiellement, l’ICE affirme qu’aucune opération d’immigration ne sera menée sur le sol italien et que toutes les opérations resteront sous autorité italienne. Cette annonce a toutefois déclenché une vive polémique, dans un contexte marqué par des violences récentes impliquant l’ICE aux États-Unis, notamment à Minneapolis (voir notre article).
En Bade-Wurtemberg, le syndicaliste Danial Bamdadi s’est vu refuser la nationalité allemande depuis 2022 par les autorités locales, qui invoquent une supposée « attitude extrémiste » liée à sa participation à des manifestations contre l’AfD et à une mobilisation anti-guerre. Les informations proviennent des services de protection de la Constitution. Réfugié iranien depuis 2012, il conteste cette décision en justice, tandis que ses soutiens dénoncent une atteinte aux libertés politiques, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire allemande.
Lors d’une interview accordée au New York Post, Donald Trump a affirmé que les forces états-uniennes avaient utilisé une arme expérimentale baptisée « Discombobulator » lors de l’opération militaire du 3 janvier 2026 contre le Venezuela, qui a conduit au kidnapping du président vénézuélien Nicolás Maduro et Cilia Flores. Selon Trump, cette arme aurait permis de neutraliser les systèmes de défense et de désorienter les personnes sur le terrain. L’intervention, qualifiée par Washington de « frappe de grande envergure », s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier à Caracas, provoquant de vives réactions internationales (voir notre article).
Le groupe français Capgemini collabore avec la police fédérale états-unienne ICE pour identifier et localiser des migrants, via des contrats de « skip-tracing » pouvant atteindre 365 millions de dollars. Sa filiale américaine, près de Washington, gère également un standard téléphonique pour les victimes de crimes imputés à des étrangers. Cette coopération illustre le rôle des entreprises privées dans la politique d’immigration agressive de l’administration Trump.
Parallèlement, Gregory Bovino, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), est devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration, dirigeant des raids expéditifs et controversés à Minneapolis et dans d’autres villes. Critiqué après la mort de l’infirmier Alex Pretti, il a été décidé qu’il parte de la ville suite à la mobilisation croissante.