Notes
Je remercie Aurora Panzica pour sa relecture d’une première version de ce texte.
Voir la liste systématique des écrits de Nicole Oresme, y compris les pseudépigraphes, dressées par Di Liscia, Daniel A. & Aurora Panzica (2023), « The Writings of Nicole Oresme : A Systematic Inventory », Traditio, 77, p. 235-375. Le Livre du Ciel et du Monde ne fait pas partie des œuvres éditées.
Jean Céard (1977), La nature et les prodiges. L’insolite au xvie siècle, Genève, Droz, p. 175-178, 341-342.
Oronce Fine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt … De mirabili potestate …, Paris, Apud Simonem Colinaeum, f. 2r : « Inciderat aliquando in manus nostras humanissime atque doctissime presul, libellus quidam Fratris Claudii Celestini, cui titulus erat de iis que Mundo saepius euenire solent, et miracula iudicantur ab hominibus, ac de caelorum influentiis ».
L’association entre Oresme et Bacon, du reste, se trouve aussi dans le manuscrit de Naples, Biblioteca Nazionale, cod. XI C 84, qui contient à la fois les Quodlibeta d’Oresme et l’Epistola de secretis operibus artis et nature de Bacon.
Oronce Fine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt, f. 2r-v : « Nam Celestinus ipse tam eorum que ab ipsa rerum natura et potentiis fieri dicuntur anime ac sensus transcendere et saepius illudere videntur humanos, quam eorum que a Caelorum pendere censentur influxu, causas subtiliter admodum reddere conatur ».
Oronce Fine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt, f. 2v : « Quae quidem omnia, mirabilem ipsius naturae et artis videntur exprimere potestatem, et cum earum propter rerum quae in ipsis libellis tractatur dignitatem, tum ob succinctam et facilem utriusque autoris traditionem, lectu videntur suauissima, et quae viris philosophis communicentur non indigna ».
Oronce Fine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt, f. 2v : « Horum porro libellorum cum corrupta admodum nacti fuissemus exemplaria (…) utrunque emendaremus exemplar, et suae integritati restitueremus ».
Oronce Fine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt, f. 3r : « Que quanto rariora, vel difficiliora sunt, tanto magis ea cupere et amplecti videris, quasi ad secretiorem fueris natus philosophiam ».
Oronce Fine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt, f. 3v : « Haud aliter ab his pusillis literarum munusculis ad grauiora mathematico more procedemus et de tua clementia aliquid bene mereri conabimur ».
Voir Angela Axworthy (2016), Le mathématicien renaissant et son savoir. Le statut des mathématiques selon Oronce Fine, Paris, Classiques Garnier, en particulier, p. 125-189.
Pour une présentation de la vie d’Oronce Fine, voir en dernier lieu, Axworthy (2016), Le mathématicien renaissant, p. 12-22.
Pour une liste des œuvres éditées par Oronce Fine, voir Axworthy, Le mathématicien renaissant, Annexe 4, p. 407-422. Pour une analyse de l’activité éditoriale d’Oronce Fine, à partir de l’examen des éditions successives du De sphera de Jean de Sacrobosco, voir Isabelle Pantin (2013), « Oronce Finé mathématicien et homme du livre : la pratique éditoriale comme moteur d’évolution », dans Isabelle Pantin & Péoux, Gérald, La mise en forme des savoirs à la Renaissance. À la croisée des idées, des techniques et des publics, Paris, Armand Colin, p. 19-40.
Voir Axworthy, Le mathématicien renaissant, p. 31-33. Sur Lefèvre d’Étaples et les « sophistes », voir Stanislas Musial (1985), « Beatus Rhenanus étudiant de philosophie à Paris (1503-1507) », Annuaire des Amis de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, 35, p. 271-279.
Les études à la Faculté des arts commencent usuellement vers l’âge de 16 ou 17 ans et durent environ 3 ans et demi, suivis de deux ans de régence (voir James K. Farge. (1985), Orthodoxy and Reform in Early Reformation France. The Faculty of Theology of Paris. 1500-1543, Leiden, Brill, p. 11-12). Or, Oronce Fine est né en 1494, et il est maître ès arts en 1516 (voir Richard Ross (1971), Studies on Oronce Finé (1494-1555), PhD dissertation, Columbia University, p. 17).
Sur le collège de Navarre au début du xvie siècle, voir Nathanaël Istasse (2022), Joannes Ravisius Textor (1492/3-1522). Un régent humaniste à Paris à l’aube de la Renaissance, Paris, Droz, p. 57-114.
Augustin Renaudet affirme qu’il est « connu par ses commentaires des Sentences » (Augustin Renaudet (1916), Préréforme et humanisme à Paris pendant les premières guerres d’Italie (1494-1517), Paris, Honoré Champion, p. 575), mais à ma connaissance ce commentaire ne nous est pas parvenu.
David Cranston (1512), Tractatus insolubilium et obligationum magistri Davidis Cranston de novo recognitus et correctus per magistrum Guillermum Mandreston et magistrum Anthonium Silvestri... cum obligationibus Strodi nunquamprius citra montes impressis incipit feliciter... Paris, Olivier Sénant ; Jean Buridan (1512), Dialectices sititoribus questionum pars prima super summularum Buridani tractatum primum, a M. Anthonio Silvestro diligenti cura edita, Paris, Olivier Sénant.
Aristote (1517), Ethici seu morales libri... Aristotelis, interprete Argyropylo, diligenter restituti et aristotelico more ab Antonio Silvestro expositi, Paris, Josse Bade ; Guillaume d’Auvergne (1516), Guillermi Parisiensis episcopi Operum Summa... parte de novo emendatissime reimpressa, parte vero novis calchetipis tradita, Paris, F. Régnault.
Robert Goulet (1517), Compendium recenter editum de multiplici parisiensis universitatis magnificentia, dignitate et excellentia ..., Denis Toussaint, Paris. Oronce Fine obtient la licence en médecine en 1522. En 1517, il doit tout juste commencer ses études de médecine.
Juan Martínez Siliceo (1519), Arithmetica Ioannis Martini, Scilicei, in theoricen, et praxim scissa, nuper ab Orontio Fine Delphinate summa diligentia castigata, Paris, H. Estienne. Jean des Fossés, originaire de Mâcon, a été élève d’Antoine Silvestre, probablement au collège de Montaigu (il qualifie Antoine Silvestre de preceptor dans l’édition des opera omnia de Guillaume d’Auvergne). Par la suite, il s’engage dans des études de droit. En 1532, il est gouverneur royal de la province de Bourges. Ayant embrassé la Réforme, il se réfugie à Genève en 1550.
C’est la conclusion à laquelle parvient Christa Lundberg, à partir de l’analyse d’un corpus différent. Voir Christa Lundberg (2022), « Humanists and scholastics in early sixteenth-century Paris: new sources from the Faculty of Theology », Intellectual History Review, DOI:10.1080/17496977.2022.2152996: « The graduation speeches from the Faculty of Theology in 1510-1512 open up a new perspective on the relationship between humanists and theologians other than the confrontational narrative embraced by most recent studies (…). However, many students saw no contradiction between the academic study of theology and humanist learning ».
Voir Olivier Caudron (1988), « Rapine, Claude, Célestin, †1493 ou 1494 », Dictionnaire de spiritualité, vol. 13, col. 124.
Le catalogue, qui est dû au Père Daire et qui date des années 1767-1776 a été édité par Françoise Bérard dans François Bérard (1979), La bibliothèque des Célestins de Paris, d’après le catalogue collectif du Père Daire (vers 1767-1776) et les manuscrits retrouvés, Thèse de l’École des Chartes, Paris.
Antoine Becquet (1719), Gallicae Coelestinorum congregationis ordinis S. Benedicti monasterium, Paris, Apud Florentinum Delaulne, p. 125. Le regain d’intérêt pour ce texte a été suscité par les études de Birkenmajer et Thorndike. Voir Aleksander Birkenmajer (1972), « Witelo, Oresme et le frater Claudius caelestinus », dans Études d’histoire des sciences en Pologne, Wroclaw, 1972, p. 240-55 ; Lynn Thorndike (1936), « Caelestinus’ Summary of Nicolas Oresme’s on Marvels », Osiris, t. 1, p. 629-35.
Jacques Girard (1557), Des choses merveilleuses en nature, Lyon, M. Bonhomme. Sur cette traduction, voir Christophe Grellard (à paraître), « “Ce grand scrutateur de philosophie”. Traduire Nicole Oresme (et Claude Rapine) au xvie siècle ».
Céard (1977), La Nature et les prodiges, p. 175-178.
Stefano Caroti (1977), « Nicole Oresme, Claudio Celestino, Oronce Fine e i Mirabilia Naturae », Memorie domenicane, Nuova seria, n. 8-9, p. 355-410. Stefano Caroti, cependant, n’a pas connaissance du livre de Jean Céard.
Voir Axworthy (2016), Le mathématicien renaissant, p. 16.
Sur la production universitaire en philosophie naturelle à Paris à cette période, voir Christophe Grellard (2023), « Parisian Commentaries on the De sensu in Late Fifteenth and Early Sixteenth Centuries », Micrologus. Nature, Science and Medieval Societies, XXXI, p. 271-294.
Becquet (1719), Gallicae Coelestinorum … monasterium, p. 120 : « In sacris Bibliis et utraque Jurisprudentia versatissimus fuit ».
Dans un passage du De studio monachorum, il explique que parvenu à la vieillesse, il peut enfin profiter de ses loisirs pour s’adonner à l’étude. Voir Cédric Giraud (2023), « Le lys d’or oublié : pour une Bibliotheca Coelestinorum nova », Comptes-rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, année 2021, Paris, p. 1117-1123
Une édition critique des opera omnia de Claude Rapine est en cours sous la direction de Cédric Giraud dans le cadre du projet Bibliotheca Celestinorum nova, financé par le FNS.
BN lat. 3442, f. 97r-133r, De libero arbitrio, Inc. : Epistola in opus sequens. ; Expl. : Vt nullus omnino deinceps errori vel inconsideracioni vel ignorancie locus ac per hoc nec iniquitati qualicumque reliquatur ; f. 174r-226r, Tractatus de contractibus, Inc. : Philosophys in ethicis suis usurariorum mentionem faciens ; Expl. : debuit ad illud notabilem deuoluatur iniuriam.
BN Lat. 12431, f. 1r-5v, Tractatus de ultimo fine hominis, Inc. : Incipit tractatulus de Vltimi fine hominis a fratre Claudio Celestinus editus ; Expl. : Secundum hec itaque facilis patet exitus historiarum diuersitates concordandi. ; f. 6r-34r, Excerpta de questionibus buridani super ethica, Inc. : Incipiunt quedam excerpta de questionibus buridani super ethica per fratrem Claudium celestinus et primo de prudentia ; Expl. : Propter quod et mollis uocatur qui occasione eius racionem transgreditur et multum arguendus est.
Sur Martin Le Maistre, voir Thomas Sullivan (2011), Parisian Licentiates in Theology, AD 1373-1500. À Biographical Register. vol. 2 The Scular Clergy, Leiden-Boston, Brill, p. 342-345 ; sur la fonction de lector ethicorum, Zénon Kaluza (2006), « Les cours communs sur l’Éthique à Nicomaque à l’Université de Paris » dans Stefano Caroti & al. (éds.), Ad Ingenii Acuitionem. Studies in Honour of Alfonso Maierù, Louvain-la-Neuve, FIDEM, p. 147-181.
Becquet (1719), Gallicae Coelestinorum … monasterium, p. 124.
Marcel Fournier (1902), La Faculté de Décret de l’université de Paris au xve siècle, Paris, Imprimerie nationale, p. 207.
Jean de Roye (1894), Journal de Jean de Roye connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483, t. 1, éd. Bernard de Mandrot, Paris, Librairie Renouard, p. 88, Jean Maupoint (1878), Journal parisien, 1437-1469, éd. Gustave Fagniez, Paris, H. Champion, p. 63.
Jean Lebeuf (1851), Mémoire concernant l’histoire civile et ecclésiastique d’Auxerre et de son ancien diocèse, Auxerre-Paris, Perriquet-Dumoulin, p. 91
Voir Henri Busson (1971), Le rationalisme dans la littérature française de la Renaissance (1533-1601), Paris, Vrin, p. 147-148 ; Jozef Matula (2023), « Guillaume Houppelande’s Small Treatise on the Immortality of the Soul », Renaissance et Réforme, 46/2, p. 35-54.
Le traité et son auteur sont mentionnés de façon élogieuse par Robert Gaguin dans une lettre du 13 février 1494. Voir Robert Gaguin (1903), Epistole et orationes. Texte publié sur les éditions originales de 1498, précédé d’une notice biographique de pièces en diverses parties inédites, éd. Louis Thuasne, Paris, Émile Bouillon, p. 402-403 : « Alter, quamvis excellentissimi ingenii esset, rarissime scripsit ; nec operum illius aliud apud me extat quam de Immortalitate anime, non contemnendus libellus in quo recensitis veterum omnium sectarum philosophice poeticeque discipline traditionibus catholicam sententiam promit. Hic decrepitus interiit archipresbiter Sancti Severini Parisiensis, cui nomen Guillermus Houppelandus fuit ; vita autem defunctus est imperante apud Francos Carolo octavo qui et nunc regnat ».
Claude Rapine (1542), De his que mundo mirabiliter eveniunt, n.f. : « Caelestes influxus si sunt et si a nobis deprehendi possunt, doctor inclyte, necnon causas apparentium mirabilium, rimari vtcunque me compulit pondus tuae autoritatis ».
Ibid., f. 26v : « Considera per annos 1500 ab incarnatione Christi vel quasi, quoniam signa per gradus sunt mutata ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, n.f. : « … vt iuxta magnum illum philosophiae scrutatorem Nicolaum Oresme, qui fere circa dies nostros emicuit, aliqua summatim exculpere laborare ». La formule « qui fere circa dies nostros emicuit aliqua summatim exculpere laborare » pourrait sembler surprenante dans la mesure où un siècle sépare Claude Rapine et Nicole Oresme. Néanmoins, le Célestin ne fait qu’indiquer par-là qu’Oresme appartient bien au groupe des moderni, et non aux antiqui du xiiie siècle.
Caroti (1977), « Nicole Oresme, Claudio celestino, Oronce Fine », p. 357, Bert Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature. A Study of his De causis mirabilium with Critical Edition, Translation and Commentary, Toronto, PIMS, p. 120. Bert Hansen annonce vouloir consacrer une étude au traité de Claude Rapine (p. 122, n. 33), mais il semble qu’il ne l’ait jamais publiée.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 27v : « Quamuis autem in praecedentibus capitulis Nicolaum Oresme praecise quasi sum secutus, solum verbis meis compendiose explicans, quae scripsit diffusius, in hac de influentiis materia non ita praecise concordo cum eo, ut patet ».
Par exemple, Rapine (1542), De his que eveniunt, chap. 6, f. 13r : « Secundum est si in villa aliqua tale monstrum contingat, stultum est ex hoc ille graue malum esse, vel caeli pessimam influentiam iudicare et propterea villam vel domum esse destruendam aut comburendam. Nil enim stultius quam asserere (sicut nonulli dementes astrologi asserunt, imo diuinatores) esse influentiam in caelo quae plus de se respiciat hanc mulierem vel hanc porcam quam sibi vicinam ». Claude Rapine résume ici Nicole Oresme, Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature, chap. 3, p. 246, l. 719-130 : « Secundum quod sequitur est quod monstrum in una villa vel patria, si accidat, non significat ibi fore malum et cetera. Unde loquor si sperma mulierum et virorum sit indispositum ad pulchram generationem, quod ex multis causis potest provenire, quod non propter hoc talis villa comubratur aut destruatur aut et cetera. (…). Quod enim sit in celo una constellatio que in ista porca aut muliere faciat tale monstrum, et tamen in sibi vicina non et cetera est magna abusio, ab aliis enim causis provenit ». Comme on le voit, Claude Rapine reprend presque verbatim Oresme, mais il accentue la critique de l’influence céleste directement sur les individus, en explicitant la magna abusio d’Oresme par une attaque contre les astrologues (« nil autem stultius quam asserere sicut nonulli dementes astrologi »).
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 1v; Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature, p. 140, 1 – 142, 25.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 1v – 2r; Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature, p. 152, 84-87, p. 154, 102-106, 152, 90-93, p. 154, 107-109.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 2v – 3r; Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature, p. 154, l. 110-120, p. 156, 124-126.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 3rv; Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature, p. 156, 127 – p. 160, 195
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 3v; Hansen (1985), Nicole Oresme and the Marvels of Nature, p. 164, 245-249.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 24r: « Superest quod difficilius est, an mirabilia haec ab influentia caeli causam habeant de quo etiam potest questio moveri: an effectus futuri possint per astrologiam praesciri, quasi per scientiam quae versatur circa potestates et influentias astrorum cognoscendas. (…) scrupulus autem amplior est de agibilibus <agilibus, éd.> per nos, qualiter caelum per influentiam concurrat ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 24rv : « Nicolaus Oresme in huiusmodi difficultate ponit hanc conclusionem : non oportet ponere in caelo qualitatem seu influentiam praeter lucem et motum suum, ita quod quicquid agit in haec inferiora, per lumen et motum agit, non per ignotas qualitates quae influentiae dicuntur. (…). Secundo ponit hanc secundam conclusionem : in principio anni Saturnum esse in ascendente, absque aspectu alterius planetae et ibi habere fortitudinem non est causa frigoris in illo anno. (…). Ex his duabus tertiam infert conclusionem : iudicia astrologiae ut in pluribus sunt sine ratione et falsa, nisi a casu contingant et hoc de particularibus iudiciis ». Rapine reprend les conclusions 1, 2 et 11 d’Oresme, ainsi qu’une partie de l’argumentation en leur faveur. Voir Stefano Caroti (1976), « Nicole Oresme. Quaestio contra divinatores horoscopios », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, vol. 43, p. 201-310, ici p. 274, 276
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 25v : « Puto tamen modificandum eum secundum sequentia ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 25v : « Notandum igitur astrologiae scientiam nobilem ab olim fuisse in politia Christiana vituperatam et vehementer reprobatam, propter triplicem quo frequenter astrologiae dediti inficiuntur errorem. Primus est eorum qui omnia fatali necessitate euenire praesumunt. Secundus est eorum qui magice phantasticas delusiones astrologicis dogmatis immiscuerunt. Tertius est eorum qui astrologiae metas transcendentes sub regulis astrologicis liberum arbitrium, et ea quae pure supernaturalia sunt, et ex pura dei voluntate procedunt, et sola fide creduntur, comprehendere et coartare voluerunt ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 26r : « Huiusmodi astrologi stulti sunt …, indiscreti, imprudentes et mali sunt philosohi naturales dum semper recurrunt ad caelum, audire nunquam volunt unam causam naturalem, nec cum naturaliter et scientifice loquentibus conferre, sed cum idiotis ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 26rv : « Nos autem non omnino prognosticationes condemnamus, sed quae modum scientiae et rationis excedant, it ut dicta vel iudicia astrologorum sint intelligenda secundum inclinationem et dispositionem, quandam contingentem, non secundum asbolutam necessitatem ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 28r : « Ponimus igitur in caelo influentias seu potentias actiuas quae lucem et motum sequuntur, non quae sunt lux et motus ; ponimus et eas causas quae coniunctiones et aspectus varios vel situs distinctos sequuntur. Neque Nicolao Oresme assentimus contrarium assere conanti rationibus multiplicatis ». En fait, Oresme ne refuse pas absolument l’idée d’une influence céleste sur le monde sublunaire, mais s’il accepte, de façon assez classique, l’influence générale des astres sur les phénomènes naturels, il refuse l’influence particulière, en particulier sur l’âme humaine, qui fonde l’astrologie divinatoire. Sur l’influence céleste, voir Nicole Oresme (2021), Quaestiones in Meteorologica de ultima lectura, recensio parisiensis. Study of the Manuscript Tradition and Critical Edition of Books I-II.10, éd. A. Panzica, I, q. 3, Brill, Leiden, 2021, p. 131. Sur la critique de l’influence spéciale, voir Caroti (1976), « Nicole Oresme. Quaestio », p. 243.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 29r-30v : « Quantum igitur ad secundum, scilicet an cognitio sit homini possibilis huiusmodi influentiarum ex his quae superius allegata sunt videtur satisfactum, quoniam aliqua tenuis coniectura quantum ex effectibus fas est concludere conceditur, incerta tamen plurimum et universalis, quia obscura, ad comparationem eius quod in re est … Moueor autem consentire in astrologia peritis, quod unicuique in sua scientia credendum est exceptis his quae manifestus error accusat. … Sic enim nedum in iudicatiua astrologia, sed etiam in ea quae de motibus caelorum disputat, inuenimus viros peritos fecisse qui ad saluandum motuum diuersitatem et irregularitatem quam experientia testabantur ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 32r : « Sed obstare plurimum apparet (quoniam celestis influentia non est causa immediata, constat, sed mediata) quomodo movet, an necessario vel contingenter, vtpote si Sortes ex constellationis ratione, mangus est futurus, quis ad hoc media procurabit, an a caelo mouetur, vt studeat et laboret, an ab libero arbitrio ? »
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 33r : « … intellectus vel sensus naturaliter ab obiecto mouentur, sicut obiectum naturaliter mouet, sed in voluntate est libertas eligendi vel refutandi, etiam obiecto naturaliter mouento ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 33r : « Mouet autem obiectum non solum realiter existens in praesentia, sed etiam per speciem in fantasia, vel secundum corporis dispositionem. Videmus enim cholericum ex complexione frequenter cogitare de vindicta, philocaptum de luxuria, famelicum de alimento. Ex quo aduerti valet aliquali ratione, qualiter ab influentia caeli quis secundum exigentiam eius ad diuersa cogitanda et appetenda incitetur, ita ut sunt agitationes huiusmodi vel affectiones ab intellectu aut voluntate operatiue, a caelo motiue seu dispositiue ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 33rv : « Certum est operationes nostras esse liberas et contingentes, quasi qui faciendi vel non faciendi facultatem habemus, nihil enim ad volendum necessitat nos, esto quod cogitationes secudum diuersitatem passionum vel inclinationum occultarum frequenter toleremus inuiti, quas superare difficile est. Imo rari sunt in quibus tanta vigeat ratio, vt inclinationibus huiusmodi non succumbant ».
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 36r : « Vnde recitat Thomas in summa contra gentiles, li. 3, cap. 84, ex Ptolemeo in centiloquio, diffinire non posse astrologum iudicia secundum stellas, nisi vim animae et complexionem bene cognouerit, et quod nequaquam expedit astrologum rem explicare particulariter, vel universaliter ». Thomas d’Aquin est explicitement critiqué par Oresme sur ce point. Voir Caroti (1976), « Nicole Oresme. Quaestio », p. 233-234. C’est probablement sur ce point que Claude Rapine se sépare d’Oresme.
Rapine (1542), De his que eveniunt, f. 36r : « Ex quo patet, qua cautela astrologorum debeat temperari iudicium, nam quandoque omnino falluntur, et nihil eorum quae putant accidit. Sed neque multum descendant ad particularia, nam etsi vtcunque de substantia possint facti coniecturam accipere, sed nunquam de modo faciendi ; hoc enim ex diuersa dispositione passorum dependet, quod cadere non potest sub humana estimatione ».
Sur la liberté chez Thomas d’Aquin, voir Tobias Hoffmann (2009), « ‘Liberté de qualité’ et ‘liberté d’indifférence’ chez Thomas d’Aquin » dans Renouveler toutes choses en Christ : Vers un renouveau thomiste de la théologie morale. Hommage au P. Servais Pinckaers, O.P., Michael Sherwin, O.P. & Craig Titus (éds.), Fribourg, Academic Press, p. 57–76. Sur Jean Buridan, voir Fabienne Pironet (2001), « The notion of ‘non velle’ in Buridan’s Ethics », dans Hans J.M.M. Thijssen & Jack A. Zupko (eds), The Metaphysics and Natural Philosophy of John Buridan, Leiden – Boston – Köln, Brill, p. 199-220; Jack Zupko (2003), John Buridan. Portrait of a Fourteenth Century Arts Master, Notre Dame University Press, Notre Dame, p. 249-260 ; Christophe Grellard (2013), « L’âne et les petites vieilles : psychologie de l’action et logique de l’assentiment chez Jean Buridan » dans L. Jaffro (dir.), Croit-on comme on veut ? Histoire d’une controverse, Paris, Vrin, p. 79-101
Rapine (s.d.), De libero arbitrio, BN lat. 3442, f. 103rv : « Est enim voluntas intellectiuus appetitus id est natus sequi cognicionem intellectus indicatiuam, neque velle possumus nisi preuia cognitione, neque enim in incognitum fertur. Hec est Summa santi Thome de prima pars, q. 83, dicentis quoniam homo libere voluntatis est quod liberum arbitrium vocat ».
Rapine (s.d.) De libero arbitrio, BN lat. 3442, f. 107r : « Cum enim de racione voluntatis sit pro ut distinguitur ab appetitu naturali quod non feratur nisi in obiectum cognitum et prout differt ab appetitu sensitiuo quod non feratur nisi de obiectum cognitum per intellectum, iam apparet sensualitatem non posse mouere voluntatem nisi modo prius intellectum. Sensus quid intellectum mouet reputando ei speciem mediante qua ad intellectum mouetur. Appetitus autem sensitiuus pro tanto mouet intellectum pro quanto aliud et aliud iudicat intellectus sensum diuersitate disposicionis appetitus quoniam pro ut secundo ethice philosophus testatur non eadem uidentur amantibus et odientibus neque iratis et manifeste se habentibus ».
Voir par exemple, Rapine (s.d.), De libero arbitrio, BN lat. 3442, f. 117r ; 123 r.
Claude Rapine réfère sans doute au Centiloquium du Pseudo-Ptolémé. Voir sur ce motif et son histoire, Justin Niermeier-Dohoney (2021), « Sapiens Dominabitur Astris : A Diachronic Survey of a Ubiquitous Astrological Phrase », Arts and Communication Faculty Publications, 8, https://repository.fit.edu/sac_faculty/8
Rapine (s.d.), De libero arbitrio, BN lat. 3442, f. 126r : « Rari enim sunt sapientes qui astra et eroum influxu dominentur. Multum inquam et valde super humane policie regimine possunt astra que ad corporum et corporales disposiciones multum possunt ». Sur ce point, Claude Rapine reprend sans doute implicitement Thomas d’Aquin. Voir Olivier Boulnois (2021), Généalogie de la liberté, Paris, Le Seuil, p. 314-316.
Rapine (s.d.), De libero arbitrio, BN lat. 3442, f. 126v : « Consequens est ut secundum influxuum qualitatem diuersa quoque ad iudicia inclinemus. Forcius enim celum influit quam amor et odium que tamen iudicium possunt commutare. Plus enim influit causa prima quam secunda ». Claude Rapine cite le Liber de causis, prop. 1. Voir Aadrian Pattin (1966), « Le Liber de causis. Édition établie à l’aide de 90 manuscrits », Tijdschrift voor Philosophie, 28, p. 46 : « Omnis causa primaria plus est influens super causatum suum quam causa universalis secunda ».
Rapine (s.d.), De libero arbitrio, BN lat. 3442, f. 126v : « Non quidem passi <sumus> necessitatem. Voluntarie enim eligimus et in contrarium agere valemus. Neque enim in iudicio de necessitate perduramus. Nam rectum iudicium per stulticiam peruertimus et si iudicamus male hoc emendare possumus, si prudenciam sequamur confortati per graciam Dei ».
On peut ajouter un indice supplémentaire en faveur de l’attribution à Claude Rapine du De his que eveniunt. Évoquant la condamnation de 1277, l’auteur précise qu’il ne relève pas de la juridiction de l’évêque de Paris (Rapine (1542), f. 31v : « Non obstat articulus adductus mihi qui sub episcopo Parisi non sum »). Or, l’ordre des Célestins, ordre nouveau fondé par un Pape, ne relève pas de l’ordinaire. Cette exemption de toute autorité hors celle du Pape se trouve dans le privilège du 27 septembre 1294 de Célestin V. Voir K. Borchardt (2006), Die Cölestiner. Eine Mönchsgemeinschaft des späteren Mittelalters, Husum, Matthiesen, p. 378. Je remercie Cédric Giraud pour les informations qu’il m’a fournies à ce propos.
Sur la dimension très politique de ces condamnations, et leur effet limité, voir Zénon Kaluza (1995) « La crise des années 1474–1482 : l’interdiction du nominalisme par Louis XI », dans Martin J.F.M. Hoenen, & Georges Wieland (éd.), Philosophy and Learning.Universities in the Middle Ages, Leiden, New York, Köln, Brill, p. 293-327. Sur Martin Le Maistre, la littérature secondaire reste très lacunaire. Voir Michael Valente (1968), The Sexual Ethics of Martin Le Maistre, PhD dissertation, Columbia University.
À la même époque, Henri Kramer fait un large usage de la philosophie naturelle scolastique pour établir la réalité des actes de sorcelleries et les interventions démoniaques. Voir Hans Broedel (2003) The “Malleus Maleficarum” and the Construction of Witchcraft. Theology and Popular Belief, Manchester, Mancherster University Press.
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