| CARVIEW |
Pourquoi donc cette nuit plus longue que le jour
Et pourquoi les pourquoi eux aussi s’éternisent
Quand le silence seul pour réponse est de mise
Tous les âges ou plus d’âge autour de cet instant
Long sera le voyage où user mon tourment
Aux ailes des moulins plus de vent plus de brise
Sous ton regard baissé le temps s’immobilise
Il reste ton sourire entre ici et ailleurs
Qui transperce mon cœur qui transgresse mes peurs
Suspendue hors du temps cette interrogation
Aux portes de l’immense, au seuil de la maison.

Ce poème pour tenter d’expliquer ce sentiment étrange, déjà présent pendant la maladie, qui prend toute sa mesure quand la mort arrive.
Cette fusion de tous les âges en un seul. Ce n’est plus seulement le jeune homme qui nous quitte, mais avec lui tous les âges qui l’ont précédé.
Il aurait fallu tout effacer, remonter la grande horloge du temps, il y avait bien une vie avant et une vie après.
Et puis le père avait fini par partir lui aussi. Il n’avait pas survécu longtemps à ce drame et la mère restait seule à élever l’enfant, celui qui reste.
Elle avait beau lui dire qu’elle l’aimait, rien n’y faisait pour lui redonner confiance.
L’enfance s’en était allée avec le petit frère. L’adolescence, avec la mort du père, se trouvait être amputée, sans plus de réparation possible.
C’est à cette période que les cauchemars sont devenus de plus en plus intrusifs. Damien se réveillait en sueur, après avoir rêvé en boucle du drame. Il revoyait la scène de la casquette glissant sur l’eau, et son bras à lui cherchant à l’attraper. D’autres fois son bras s’étirait recherchant la lumière, mais c’était l’ombre qu’il touchait.
Insidieusement la maladie faisait son chemin.
]]>Il faudrait que le désir se lève tel un vent d’été, puis retombe emprisonné sous son propre poids.
Il faudrait que l’instant perdure pour que l’espoir s’enracine au creuset du rêve.
L’espoir tient à si peu de chose.
C’est une fleur qui pousse entre les cailloux.
C’est un ami qui a toujours pour toi un peu de soleil dans sa poche.
Je serais dans l’indéfinissable et troublant instant d’une expérience déjà vécue.
Je serais dans ces songes qui sont plus que des rêves.
Dans la fleur qui s’ouvre à la nuit.
Et si cela ne suffit pas pour qu’il me saisisse, je serais dans l’eau qui préserve de la soif, dans le rayon de soleil qui réchauffe le corps, dans le pain et le sel de la vie.
elle frappe et la vie pleine
et le survivant
Du ravissement
entre la vie et la mort
où surgit l’extase
Pulsion de vie
construction et destruction
vide et profondeur
Instinct de survie
tapi dans notre inconscient
desiderata
Moi et mon désir venions d’être soudainement stoppés devant tant d’innocence.
Je n’osais la toucher.
C’est elle qui offrit ses lèvres tout en fermant les yeux.
J’entourais sa taille de mon bras tout en l’attirant fermement, ce qui cambra ses reins exagérément.
Je ne sais plus si c’était le soleil qui brillait davantage ou nos corps qui dégageaient de l’amour, mais je sentais sa chaleur, toute vibrante, sous ma main.
Elle soupira si fort que sa chemise se souleva, laissant apparaître la naissance de ses seins.
On aurait dit un petit oiseau étirant ses ailes pour un premier vol.
Le temps s’assombrit brutalement.
Dans un frisson mi-réel mi-surjoué, elle s’abandonna, sans plus de lutte, comme l’esprit le fait aux portes du sommeil.
Sa peau douce et chaude sentait le thym et le romarin.
Je ramassais ma veste posée au sol et lui en couvrais les épaules.
Elle sourit à nouveau, cette fois avec les yeux. Sa bouche, toujours offerte, avait la moue des fleurs s’ouvrant au soleil.
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C’est l’âme
En filigrane
Une confession
Étendue
Jusqu’au mystère.
Son ouvrage
Entrelacé
D’obscurité
De lumière
De musique
Et de silence
Il faut
S’y abandonner
Telle l’amante
À l’amant
Soudainement
Saisie
Par la belle
Agonie.

Le jardin dormait sous l’hiver
En profondeur un changement
Sourdait sous terre un mouvement
Comme un printemps! Comme un printemps!
Une échappée sans but ni fin
Ne plus penser prendre sa main
Il est des joies qu’on n’attend pas
Qu’on n’attend pas ! Qu’on n’attend pas !
Jusqu’au grenier de la maison
Qui retenait le grand frisson
La tête aussi a ses passions
Ses déraisons! Ses déraisons!
C’était en mars, en fin d’hiver
La neige avait tout recouvert
Même le froid sentait la joie
Sentait la joie! Sentait la joie!
La neige aux cristaux étoilés
Aura tenu quelques vesprées
Jamais neige fut si légère
Fut si légère! Fut si légère!
Vint le soleil sur la poudreuse
On aurait dit une amoureuse
Une mariée à voile blanc
À voile blanc! À voile blanc!
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Faire perdurer la joie
Quoi qu’il arrive !
Je n’ai pas de recette, mais jour après jour je remonterai le mécanisme désir avec la clé du cœur.
Et si le soleil venait à se cacher, ma joie continuerait à tourner autour de l’Astre, comme toute planète lors de sa révolution.
Que la joie demeure !
Bonne Année 2026 
Faire le deuil du temps qui reste revient à mourir avant l’heure. C’est dire non à l’imprévisible, à l’inattendu, à l’inespéré. S’allonger dans un cercueil ouvert, et si étroit qu’on ne peut plus en bouger ; une camisole de peur, d’ennui, de lassitude.
» Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. »
Romain Gary
Gardons-nous de feuilleter le catalogue des âges qui divise nos vies en périodes. La fin n’est pas un but au passage obligé par une non vie avant l’heure.
» Il n’y a pas de fin. Il n’y a pas de début. il n’y a que la passion infinie de la vie. »
Federico Fellini
La vulnérabilité que l’on attribue à l’âge tient plus de la représentation que nous en donnons que de la réalité. Le petit enfant est tout aussi vulnérable, l’adolescent qui se cherche, l’adulte malade.
Il ne s’agit donc pas de recommencer ou de continuer, mais de commencer. Chaque jour, à lui seul, devrait se vivre comme une vie complète, pleine d’ailleurs, d’espaces de liberté, une vie vierge des schémas d’un passé dépassé, tout autant que de ces projections sur un demain qui n’existe pas encore.
Ce n’est pas que la vie me fasse peur ; c’est la non vie dans la vie qui me désespère.
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