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Béla Tarr – Le travail du temps dans “Satantango” par Jacques Rancière
En hommage à Béla Tarr, dont nous venons d’apprendre la disparition, les Cahiers du Cinéma ont décidé de republier le beau texte que Jacques Rancière lui a consacré dans le numéro 591 de juin 2004.
Les uns nous demandent de l’indignation, d’autres exigent de la contrition. D’autres encore veulent que nous partagions indéfiniment le deuil des victimes de l’utopie. Béla Tarr est apparemment plus modeste. Il nous demande seulement un peu de temps.
Mais un peu de temps, cela peut sembler trop, si cela bouleverse précisément nos emplois du temps. Satantango est d’abord connu comme un des films les plus longs et les moins chargés d’événements de l’histoire du cinéma : un film de sept heures et demie où il ne se passe à peu près rien, sinon une supercherie, l’imagination d’un mouvement, qui se dissipe de lui-même et nous ramène au point de départ.
Rien d’une œuvre “formaliste” pourtant. On pourrait même dire, à l’inverse, le dernier des grands films matérialistes historiques. Il n’y a rien qui ne soit entièrement matériel, entièrement sensoriel dans ce film qui se déroule entre deux sons de cloche, relayés par un tic-tac obstiné d’horloge, une phrase inlassablement répétée par un ivrogne, le bruit des verres qu’on remplit et qu’on engloutit, l’accordéon, le rythme du tango et surtout le bruit quasiment ininterrompu de la pluie sur la plaine hongroise. Et l’exacerbation sensorielle ne fait pas ici ce qu’elle fait volontiers chez Tarkovski ou Sokourov : nous faire basculer dans l’univers spirituel. Les cloches de l’église fantôme sont seulement tirées par un idiot. La longueur des plans fixes et la lenteur des mouvements de caméra n’introduisent à aucun monde de l’esprit. Elles nous tiennent fermement dans la réalité matérielle d’une histoire que les spectateurs hongrois du film ne connaissent que trop bien : une coopérative agricole en décomposition, une escroquerie à la vie meilleure, elle-même manipulée par une police qui ne croit pas même à l’utilité de ses propres rapports.
Satantango est un film entièrement matérialiste sur l’histoire dont hérite la Hongrie des années 1990. Mais apparemment un matérialisme, celui de la machine cinématographique, réfute l’autre, celui de l’histoire productrice d’une société nouvelle.
Faut-il parler d’un film matérialiste sur l’illusion communiste ? Ce film contiendrait sa propre allégorie dans l’épisode central : l’histoire de la petite Estike que son voyou de frère a persuadée de mettre en terre ses économies et de les arroser régulièrement afin d’en voir sortir un arbre aux branches d’or. Mais le rapport de la réalité à l’illusion et du film au communisme peut-il être aussi simple ?
Sátántangó (ou Le Tango de Satan) de Béla Tarr (1994).
Pour rire de la naïveté de l’enfant qui croit qu’on fait pousser des pièces en arrosant, il faut supposer d’abord qu’il y ait besoin d’arroser, supposer ensuite une chose poussant réellement à la même place, fût-ce une herbe folle. Or la caméra ne nous le laisse pas même imaginer. Le seul endroit qui échappe à la boue est apparemment cette église en ruine envahie par la végétation où Estike avalera, pour que les anges viennent la chercher, la mort-aux-rats qu’elle a auparavant administrée à son chat, pour se montrer qu’il y avait au moins une vie sur laquelle elle pouvait quelque chose.
Si c’est un film sur l’illusion, il se distingue d’à peu près tous les autres par ce petit écart, cet écart inouï : il n’a aucune “réalité” à opposer à cette illusion. Très précisément, la terre qu’il nous montre est une terre où rien ne germe sinon des paroles.
C’est la démonstration que fait l’extraordinaire discours d’Irimias, l’escroc ou le faux prophète, dans la salle de bistrot où le corps de la fillette est étendu sur le billard. La voix magnétique semble rêver tout haut et dire seulement ce que l’événement impose à tous de penser : comment cela a-t-il pu arriver ? Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Comment pouvons-nous mener la petite vie mesquine et sans espoir qui conduit à de tels drames ? Ces paroles, nous les avons cent fois entendues depuis un texte de Lénine, accablé par La Salle n° 6 de Tchekhov et par le sentiment que la Russie entière n’était qu’une gigantesque salle n° 6.
Mais le cinéaste qui met à nu la rhétorique du séducteur pense-t-il lui-même autre chose ? Et sa caméra n’a-t-elle pas déjà avéré ces paroles ? Peut-être, dit Irimias, l’enfant perdue est-elle venue hier à la porte de ce bistrot où vous dansiez et vous vous saouliez. Artifice éculé de rhéteur. Il ne l’a pas vue plus qu’eux. Mais nous avons vu ce visage lavé par la pluie et collé à la fenêtre. Irimias peut alors tirer la conséquence, pour tous irréfutable, de ce que nous avons vu et qu’ils n’ont pas su voir : il faut, une bonne fois, sortir de la boue, aller ailleurs entamer une vie nouvelle où aucun enfant ne se tuera plus. Et qui est prêt à donner tout son temps à la vie nouvelle voudra bien commencer par donner ses petites économies.
Rien que des paroles. Précisément, les mots sont des choses matérielles. Et pour leur conférer tout leur poids de réalité, Béla Tarr s’est refusé ce que tant d’autres auraient fait : des plans scrutant l’effet du discours sur les visages des auditeurs. Ce que les paroles produisent, ce que la caméra filme, ce ne sont pas des sentiments, ce sont des actes. À la fin du discours, une main fait le tour de l’assistance pour aller déposer sur le billard, tout près du corps que l’on ne voit pas mais que l’on sent là, tout proche, un paquet de billets, bientôt suivie par d’autres mains et d’autres paquets.
Sátántangó (ou Le Tango de Satan) de Béla Tarr (1994).
L’escroquerie ou l’illusion apparaissent alors comme des façons bien impropres de nommer ce qui se passe, ce que la caméra produit : une matérialité comme une autre. Contre la régularité de la pluie sempiternelle, une mobilisation imprévue des corps. Au centre du récit, le temps bascule, la parole germe, l’immobilité se transforme en mouvement. Béla Tarr suit la donnée du roman de Krasznahorkai — la supercherie d’Irimias qui envoie les paysans dans un manoir abandonné avant de les disperser dans le monde, le récit qui revient à son point de départ : le temps immobile du village où le docteur ivrogne continue à observer à la jumelle un voisinage désormais vide et à consigner dans un carnet que nul ne lira ses remarques sur les habitants disparus.
Il suit le mouvement de l’accordéon qui se déplie et se replie et celui des pas arrières qui succèdent aux pas avant du tango. Mais il lui invente aussi une matérialité tout autre. C’est ce qu’illustre l’arrivée nocturne des paysans dans ce domaine où doit commencer leur vie nouvelle. Il y aurait peu d’intérêt à montrer leur frustration en pénétrant dans l’obscurité de ce manoir en ruine. Mieux vaut les voir inspecter silencieusement, avec leur briquet ou leur lanterne, les murs lépreux des pièces vides.
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Ce que la caméra saisit en revenant sur leurs visages, c’est quelque chose de bien plus fort que la désillusion ou la colère : l’étonnement de ceux qui ont précisément laissé en arrière leurs moyens ordinaires de percevoir et de qualifier les lieux et les circonstances. Avec les meubles brûlés, c’est aussi le lien institué des mots et des choses qui s’est perdu. Les paroles qui essaient de déraisonner doivent alors rester hors champ. La seule à les entendre est la chouette qui occupe seule l’écran et dont le visage mobile est apparemment plus attentif aux cris lointains d’animaux qu’aux paroles qui se perdent à ses pieds.
Sous le regard de la chouette, nulle leçon d’histoire, nulle sagesse trouvée. Plutôt une division des trajectoires. Les époux Kraner, Schmidt ou Halics s’en iront de leur côté, “conduits” par Irimias que rien ne conduit lui-même, sinon l’illusion de conduire quelque chose et de mener à sa perte une humanité qui y va très bien toute seule. La caméra laissera en plan le manipulateur et ses victimes pour revenir, comme le roman, finir dans la chambre dont le docteur barre les issues avec des planches : “No way out”, nous dit le dernier épisode. Il ne faut pas se tromper à ces mots. Assurément, il n’a pas de dehors vers quoi l’on puisse sortir, pas de réalité qui démente l’illusion ou de beau rêve qui fasse oublier la réalité.
Mais il y a bien un artifice supérieur à celui du faux prophète, il y a une voie au-dedans, dans la construction de l’intervalle qui lie la dispersion et le retour. Il y a le travail de l’art qui concentre et dilate les temps, joint et disjoint les trajets et mobilise les corps pour donner à toute “illusion” sa juste matérialité. Le désespoir de Béla Tarr trouve alors sa voie incomparablement joyeuse entre le ricanement des témoins de l’universelle corruption et l’appel des servants de l’Esprit.
Qui n’a pas sept heures à perdre pour voir tomber la pluie chez Béla Tarr n’a pas le temps d’apprendre le bonheur de l’art.
Article initialement publié dans le numéro 591 de juin 2004.
par Jacques Rancière
Actualités, Rétrospective
Dégel historique à la Cinémathèque du Documentaire
Dans le prolongement des programmations consacrées à Laila Pakalnina et Audrius Stonys, la Cinémathèque du documentaire (Forum des images, Paris) propose du 7 janvier au 15 mars un fructueux cycle intitulé «Poétiques baltes. Estonie, Lettonie, Lituanie ».
« États des eaux », «Vilnius, une muse », « Les heures, les vies »… Évocateurs, les titres des séances invitent d’emblée à une rêverie que l’agencement délicat des films ne fera qu’approfondir, déployant rimes et rythmes jusqu’à atteindre une musicalité nouvelle. Facilitée par le format court, cette mise en relation l’est aussi par une apparente communauté esthétique courant à travers pays et décennies, qui se caractérise par une attention soutenue aux visages anonymes, et un sentiment du temps et de l’histoire oscillant entre mélancolie et exaltation. Des singularités n’en émergent pas moins, ainsi que le confirme un chapitrage par cinéastes (Laila Pakalnina, Leida Laius, Valeria Anderson…).
La Cinémathèque du documentaire en profite également pour donner une carte blanche à Meno Avilys, structure indépendante lituanienne qui diffuse et restaure des documentaires et des œuvres d’art vidéo. Tic-tac redoublant les coups de maillet d’Igor Vasiliers tandis qu’il sculpte un buste de Sergueï Eisenstein (L’Éveil de Herz Frank, 1979); cloches vibrant par les rues et les places (Le temps passe à travers la ville d’Almantas Grikevicius, 1966); succession de pendules précipitant la fin du sommeil (La Naissance d’un personnage d’Antanina Pavlova, 1967). Le temps marque cette programmation de son battement régulier et implacable. Temps est d’ailleurs le titre d’un film de Mark Soosaar réalisé en 1983, onze petites minutes de sublimes variations lumineuses tournées en accéléré.
Au son, cadences mécaniques (horloge, boîte à musique…), percussions et pulsations cardiaques se relaient. Cette cosmogonie de poche confronte l’écoulement et la scansion pour mieux saisir, dans l’intervalle, les frémissements de la vie – pure vision que cette femme enceinte doucement agitée par le défilement de la pellicule alors que la lumière filtrant par la fenêtre se dérobe en une poignée de secondes.
Cuillère de Laila Pakalnina (2019).
Temps pétrifié ou éphémère
Des multiples visages saisis à la volée ou longuement contemplés demeurent à l’esprit, surtout ceux des ancêtres et des enfants. Le Vieil Homme et la Terre (1965) et Le Rêve des centenaires (1969), tous deux de Robertas Verba, sont exemplaires d’un rapport ambivalent aux générations et à l’histoire. Difficile ainsi de savoir si l’irruption des corps juvéniles participe d’une reconstitution du passé ou d’un saut dans l’avenir, le montage suggérant à la fois la permanence et la discontinuité. Le second est le plus énigmatique, avec ses portraits sur fond de chanson pop de jeunes filles mutiques, tantôt figées dans le reflet d’un miroir, tantôt soutenant le regard de la caméra avant de se fendre d’un bref sourire. Les aïeux, dont les faces ont la texture de l’écorce et la lueur de la cire, se tiennent souvent par deux dans l’attente insouciante de la mort. Que ce monde soit pétrifié pour l’éternité ou sur le point de disparaître tout à fait, voilà l’angoisse qui traverse ces pastorales. Même le spectateur le moins versé dans l’histoire balte le comprendra à la vision du Temps passe à travers la ville : la modernité promise autant qu’imposée par le régime soviétique ne guérit pas les traumatismes du passé récent, ni n’efface les gloires du passé lointain.
L’apparition soudaine d’images fixes puis en négatif sape l’effort de construction immobilière pour ramener à l’expérience de la Seconde Guerre mondiale. Des façades grêlées par les balles rappellent la violence des affrontements, et une colline hérissée de stèles le martyre de la population. Les plans d’églises, de palais et de cryptes creusent jusqu’à des strates plus anciennes, constitutives de Vilnius. Un cheval blanc parcourt le film, figure allégorique dont un écho plus subtil, moins volontairement poétique, se découvre dans le magnifique Neige d’automne de Valdas Navasaitis (1992).
En route de Valeria Anderson (1977).
Résistances rêvées
Le programmateur Arnaud Hée rappelle que « la grande majorité des films présentés naissent dans le cadre très officiel des studios nationaux où artistes et techniciens sont des fonctionnaires travaillant sous la férule du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) et de ses déclinaisons locales ». Vu d’ici et d’aujourd’hui, il est tentant de s’attarder sur ce qui, précisément, résiste à la propagande. Chaque nuit je rêve de Bytaute Pajediene (1979) témoigne d’abord de l’enthousiasme tout stakhanoviste d’un groupe d’ouvrières du textile. Par la grâce d’un raccord, la trame tissée par les machines se métamorphose en l’ondoiement d’un lac. À l’usine comme en dehors, le bonheur semble égal. Mais lorsque, au dernier plan, une femme marchant parallèlement aux vagues confie sa hantise nocturne d’être confrontée à l’arrêt brutal de la production, il est difficile de ne pas y entendre l’aveu d’un désir.
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De rêve, il est aussi question dans Berceuse concrète de Valeria Anderson (1964). Quelques plans sur des bambins endormis suggèrent que la fabrication du béton armé dont le film décrit les étapes est la condition de leur avenir radieux. Que le message soit bien reçu n’empêche pas de s’étonner des cadrages ou d’admirer la photographie. Ni de saisir pourquoi, après la dévastation de la guerre relatée en un foudroyant montage d’archives, les grands ensembles ont pu en effet être accueillis comme un immense progrès.
Le Jour de la Saint-Jean (Andres Sööt, 1978) s’avère plus critique. Au pied des tours, un homme bat un tapis. Les coups réverbérés sonnent comme un bombardement. S’y mêle bientôt le grincement infernal d’un tourniquet, qui achève de faire taire le chant d’une femme. Comme dans Accattone de Pier Paolo Pasolini, les façades monotones de ces quartiers solitaires sont le tombeau des formes de vie traditionnelles.
Parmi les œuvres plus récentes, citons Cuillère (2019). Aussi sobre que son titre, le long métrage de Laila Pakalnina retrace les étapes de fabrication d’une petite cuillère en plastique. Cadres fixes, compositions méticuleuses, nuances de gris : la manière n’est pas sans rappeler l’impassibilité de Nikolaus Geyrhalter. Le génie est d’avoir choisi un objet emblématique et dérisoire, un produit de la mondialisation (de fait, le film fait plusieurs tours du monde) dont l’usage excède rarement quelques minutes. Dénuée de commentaire, la fable matérialiste se joue dans l’épaisseur sonore et visuelle de chaque plan. Avec un sens acéré, et parfois malicieux, du raccord, Pakalnina retrace un circuit économique ravageur en même temps qu’elle met au jour une toile d’interdépendances – soit une définition possible de la poésie.
Raphaël Nieuwjaer
«Poétiques baltes. Estonie, Lettonie, Lituanie». Du 7 janvier au 15 mars. Forum des images (Paris). À voir également: Cinébaltique, festival des cinémas estonien, letton et lituanien. Du 5 au 8 février au cinéma L’Arlequin (Paris).
par Raphael Nieuwjaer
Actualités, Zinebi - Festival International du Film Documentaire et du Court Métrage de Bilbao
Zinebi ou le sens de la rupture
Pour sa 67e édition, du 21 au 28 novembre, le festival Zinebi de Bilbao a questionné le rapport au corps et à l’altérité dans une sélection éclectique et audacieuse.
Ce n’est pas porter injure à la sélection compétitive que de mentionner en premier lieu celle consacrée aux classiques du cinéma d’animation tchèque. Comme un symbole, ces expérimentations de Karel Zeman (Rêve de Noël, préfiguration charmante de Toy Story en stop-motion) ou Jirí Trnka (La Passion, satire de la destruction de l’homme par la vitesse) sont une parfaite introduction au florilège contemporain, notamment La Révolte des jouets de Hermína Týrlová et František Sádek, délire qui voit des joujoux en bois prendre vie et attaquer un dignitaire nazi chassant leur créateur.
Usant de toutes les possibilités offertes par la galerie de personnages (pompiers qui éteignent le feu causé par le soldat, canonniers qui le bombardent en retour), cette relecture exaltante de Gulliver donne à voir la construction d’un corps social de fortune par sa petite taille face à celui, immense, de l’oppresseur, marqué par le revers subi. Cette idée d’empreinte est aussi au cœur de Slet 1988, documentaire construit autour du corps de l’actrice et danseuse septuagénaire Sonja Vukicevic. Ses mouvements lents et pesants laissent entrevoir les marques du temps tout en embrassant les vestiges de l’architecture moderne-socialiste dans lesquels elle évolue.
Merrimundi de Niles Attalah (2025).
En y apposant en off le journal intime d’une adolescente de 1988 et des archives du dernier Slet – événements de masse célébrant la jeunesse yougoslave –, marqué par la performance déchaînée d’une jeune femme, Marta Popivoda soude trois trajectoires dispersées par la fin du socialisme.
Dans un tout autre registre (le desktop movie) et au détour d’une animation grossière (personnages disproportionnés, couleurs néon et pauvreté du détail au profit de blocs), Can You Hear Me ? d’Anastazja Naumenko explore le lien entre une fille et sa mère éloignées par l’invasion de l’Ukraine. La répétition des appels Zoom afin d’apprendre à l’aînée comment utiliser son ordinateur devient le terrain de discussions sur le passé familial et la solitude de la jeune femme loin des siens. La fracture prend forme dans le partage de l’écran où la fenêtre de la mère est réduite et écrasée par les onglets d’actualité sur la situation ukrainienne et les logiciels utilisés par la fille pour son travail. En ressort une mélancolie numérique pop où le bureau d’ordinateur reflète l’espace mental et la difficulté d’y trouver une place de choix pour ceux à qui l’on tient.
Lire aussi : “Traits d’esprit à Zinebi 2024“
Enfin, avec Merrimundi, le Chilien Niles Attalah (collaborateur de Cristobal Léon et Joaquín Cociña) propose un cauchemar enchanté sur une utopie dérangeante. Un mannequin désarticulé se retrouve confronté à une galerie de chérubins qui chantent en latin au rythme de leur fonte enflammée. Atallah joue de la malléabilité de la matière pour faire des poupons une masse unifiée, collectif retrouvé et promesse de corps au pantin pour lui apprendre à se libérer de ses fils avec joie. L’apocalypse devient un déluge de couleurs aux allures de pub sur l’espoir d’un monde meilleur; il est l’heure de se réveiller.
Elie Bartin
par Elie Bartin
Actualités, Entrevues - Festival International du film de Belfort
Traces de Belfort
La 40e édition d’Entrevues s’est révélée ourlée de fils invisibles, tant les thèmes de ses sections transversales (le Jura, l’amitié) se sont entremêlés aux vingt films de sa compétition internationale.
Nombreux étaient les films de cette compétition qui faisaient état d’identités en voie de perdition. Parmi eux, le remarqué Bouchra (Meriem Bennani et Orian Barki, Grand Prix au dernier Fifib, lire Cahiers no 825) semblait moins désespéré, moins définitif que les autres. Il incorporait ses réalisatrices, comme Blue Heron (Sophy Romvari) et les documentaires Bürglkopf (Lisa Polster) ou Sweetie (Zoé Filloux): dans ces films, peines et doutes existentiels mettent directement à l’œuvre le cinéma.
Les montagnes – non pas celles des frères Larrieu, dans les salles attenantes, mais le massif du Tyrol ou les monts Métallifères – marquaient alors symboliquement la frontière intimement vécue, cauchemardesque dans Lonig & Havendel (Claudia Tuyêt Scheffel) et Bürglkopf, entre deux pays, celui d’origine et celui, raciste, dans lequel les personnages, réels ou fictifs, cherchent en vain à s’intégrer. Zone grise, le documentaire de Liza Guillamot tourné dans une école de police, semble se placer étonnamment en regard du film d’atelier de Sébastien Betbeder, Une tentative d’évasion (2025), programmé notamment au festival du court métrage de Clermont-Ferrand : l’interdiction de montrer les visages (des prisonniers chez Betbeder, des élèves gardiens de la paix dans Zone grise) est à chaque fois contournée grâce à des logiciels qui modifient grossièrement les traits.
Lire aussi : “Belfort 2025, où les faibles sont forts“
Dans les deux cas également, les participants sont invités à simuler des situations, dans le cadre d’un atelier de théâtre (les prisonniers se remémorent leur passé, dehors) ou d’une formation (les policiers se projettent en service, dehors aussi). Étonnant revers d’une même médaille, l’effet dépersonnalisant du trucage informatique, ne laissant passer en termes d’émotion que des moues indiscernables, figure efficacement dans Zone grise l’aspiration des élèves par une institution autoritaire, mais aussi la distance qui s’est instaurée entre la population et les forces de l’ordre.
Zone grise de Liza Guillamot (2025).
Trésors de ces Entrevues, Dry Leaf d’Alexandre Koberidze (présenté à Locarno, lire Cahiers no 824) et Anoche conquisté Tebas de Gabriel Azorín laissent les lieux qu’ils filment – la Géorgie rurale, et plus précisément ses terrains de football pour l’un, des thermes romains pour l’autre – susciter l’abandon progressif des projets concrets ou du monde contemporain au profit d’un voyage, dans l’espace et dans le temps. Après avoir été filmés en plongée zénithale comme des décors de jeux vidéo parcourus par un groupe d’amis, les thermes du film d’Azorín, avalés par la vapeur d’eau et l’obscurité, orchestrent un imperceptible changement d’époque.
La Rome Antique n’est alors plus le théâtre des combats numériques décrits au début par les jeunes adultes. Elle devient, au contact prolongé de l’eau, le parfait écho du présent: les mêmes doutes sont posément formulés, en portugais puis en latin, par des personnages immergés dans des bassins qui figurent autant des couffins que des cercueils. La longueur, le calme et la sensualité des plans finissent par imposer l’amitié, ses inquiétudes et sa simplicité, comme un bain chaud et atemporel.
Mathilde Grasset
par Mathilde Grasset
Actualités, Lieux de vie cinéphiles
L’ICA, circuit parallèle (Londres, Royaume-Uni)
Cette nouvelle série explore de par le monde des lieux de programmation singuliers, qui informent aussi sur la situation cinéphile de leur environnement humain et politique.
Une vieille carte de Paris surlignée au marqueur noir comme un jeu de l’oie : le MacGuffin du Pont du Nord, ce guide pour se mieux perdre, est au dos de l’affiche de la rétrospective « comprehensive » (intégrale) de Jacques Rivette, présentée cet été par l’Institute of Contemporary Arts (ICA). Une manière de cartographier ses admirations cinéphiliques et d’en partager l’excitation fétiche avec son public (jeune et étonnamment fourni), entre rétrospectives intégrales de Marguerite Duras, Angela Schanelec, Theo Angelopoulos, Werner Schroeter ou Rita Azevedo Gomes, une exposition « Jean-Luc Godard : Scenario(s) », des programmations confiées à des curateurs indépendants, des premières de films étrangers et quelques festivals.
Situé dans le cœur cossu de Londres, à deux pas de la National Gallery, l’ICA occupe depuis 1968 un modeste pied de porte au bas d’un impressionnant palais. À l’intérieur : petit hall et bruyant café sous verrière, espace d’exposition, grande salle de concert et deux salles de cinéma tournant six jours par semaine (à partir de midi). L’institution à but non lucratif, soutenue du côté artistique par le British Art Council (mais non du côté cinéma), a été fondée en 1946 par un groupe d’artistes et de poètes : au départ sorte de club moderniste, il s’agrandit progressivement en accueillant des expositions visionnaires (sur l’art cybernétique en 1968 ou la prostitution en 1976), des concerts (de John Cage aux Pet Shop Boys) et du cinéma, sous forme de projections et conférences (par exemple, en 1955 sur le cinéma hollywoodien ou la télévision comme forme culturelle, ou en 1972 sur les cassettes vidéo).
Les premiers films de Kenneth Anger en 1955 (avant une rétrospective intégrale en 1972), de Debord en 1957, de Kubelka en 1966 (un mois avant une lecture d’Allen Ginsberg et de son père)… L’ICA, féru des nouveaux cinémas (Warhol, Makavejev, Glauber Rocha, Melvin Van Peebles…), projette aussi bien des films d’Akerman que des vidéos de Bill Viola ou Nan June Paik. Dans les années 2000, l’institution distribue des films via une structure parallèle. Mais elle décline, avec d’importants problèmes de gestion, et finit par confier sa programmation aux cinémas Picturehouse (sortes de MK2 locaux). Après avoir frôlé la disparition, l’ICA reprend du poil de la bête il y a une dizaine d’années.
Paris nous appartient de Jacques Rivette (1961)
La loi du marché
Le jeune directeur de la programmation cinéma, Nicolas Raffin (qui a fait ses débuts à l’ICA en 2018, et est en poste depuis 2022) a vécu de plein fouet la crise sanitaire, ses effets sur le lieu (fermé durant la période et sans public à sa réouverture), et plus généralement sur l’écosystème du cinéma britannique, aujourd’hui au plus mal, explique-t-il : nombre de petits distributeurs à l’arrêt, tout comme des festivals (tel l’Essay Film Festival de Birkbeck) et des programmations institutionnelles (comme celle de la Tate Modern).
Selon Raffin, la situation est grevée par le poids monopolistique du British Film Institute : le vaisseau amiral, financé par la loterie nationale (comme la politique culturelle), est à la fois «un CNC anglais qui subventionne la création et les salles de cinéma (sur projet), une cinémathèque, l’éditeur de Sight and Sound, un distributeur de films et l’organisateur du plus important festival d’Angleterre, le London Film Festival». Or ce dernier, qui présente plus de 250 films par édition, a pris tant d’importance qu’il dicterait la programmation du pays : « Hong Sangsoo et Albert Serra ont beau être très reconnus à l’international, comme ils ne sont plus invités au Festival de Londres depuis quelques années, si on ne les distribuait pas nousmêmes, ils ne seraient pas montrés en Angleterre. »
Lire aussi : “Pour une culture du débat“
Pour ce faire, l’ICA a développé depuis 2023 un programme de distribution, Off-Circuit, qui lui permet, en négociant directement avec les vendeurs, d’accueillir des premières de films délaissés dans le pays, de les faire connaître avant de les confier à d’autres salles (sans prélever de pourcentage). Dans les cinquante films distribués, on trouve récemment les derniers Hong et Serra, Le Rire et le Couteau de Pedro Pinho, Les Feux sauvages de Jia Zhangke ou la trilogie de Mondogno de Mariano Llinás (encore inédite en France). Comme l’explique Raffin – sans s’en réjouir –, les vendeurs de ces films ont fini par accepter cette situation quand ils ont compris qu’il n’y avait plus de distributeurs pour eux au Royaume-Uni. Effet d’un « nivellement par le bas sous prétexte de pop culture », depuis Barbie de Greta Gerwig, qui a été une poule aux œufs d’or, même pour le BFI. Par ailleurs, si la cinémathèque offre encore de belles séances, reste que «c’est Tom Cruise qui bénéficie d’une rétrospective quasi intégrale, et non Wiseman ».
Le pays n’a pas de programme d’éducation à l’image, les projections sous-titrées restent exceptionnelles, et Raffin voit comme un symptôme le prix pour « Best ensemble performance» gagné par un film de studio pro-guerre et masculiniste, Warfare (Ray Mendoza et Alex Garland), aux British Independent Film Award (censés être le contrepoint des César locaux, les British Academy Film Awards). Même absence de prise de risque évoquée pour les films sélectionnés au Festival de Londres (gros films d’auteurs, déjà passés par d’autres festivals…), autant que ceux distribués ou labellisés par le BFI (concurrençant les distributeurs et favorisant la paresse des salles).
Rencontre avec le réalisateur Albert Serra (à droite), animée par Daniel Turner de l’ICA, lors de la sortie britannique de Tardes de soledad, le 5 septembre 2025.
Séances surprises
Dans ce contexte morose, l’ICA a joué la carte d’une cinéphilie pointue et contemporaine, tablant sur la démultiplication des types de séances et confiant des petits cycles à de jeunes programmateurs: universitaires, artistes, rédacteurs de petites revues ou sites venant souvent eux-mêmes à l’ICA. Ainsi d’Helena et Harlan Whittingham et leur programme régulier «VHS Late Tapes», montrant des films pornographiques old school. Ce rendez-vous très suivi, safe space pour les communautés queer, cuir et fetish, interroge aussi l’histoire et les visibilités des populations marginalisées et des travailleurs du sexe.
L’ICA est aussi attaché aux formats pellicule (l’auteur de ces lignes a ainsi pu assister à une projection 35 mm de La Ville des pirates de Raoul Ruiz, sous-titrée spécialement pour l’occasion et dans une salle comble), notamment durant les «Celluloïd Sunday » où sont montrées des copies surprises, conservées dans les archives de l’ICA. Raffin évoque sa récente prise de conscience que l’indépendance artistique se gagne par la rentabilité commerciale : « Je m’en suis rendu compte après la crise sanitaire, puis avec Gaza et l’Ukraine. Avec l’extrême-droitisation à venir, on ne pourra plus compter sur du soutien public. Et du côté de la philanthropie, il reste très peu d’argent propre. Même si nous ne l’avons pas encore fait, le partenariat bien choisi avec une marque serait plus transparent; autant que le modèle économique des ventes de billets et de la carte d’abonnement [de 25 livres sterling]. » Le pari, risqué, est pour l’instant gagnant.
Pierre Eugène
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Evénements passés
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De tant d’insouciance – une nouvelle tendance du cinéma français

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Lynch lithographe : péril en la demeure
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Editos
Warning pour Warnerpar Marcos Uzal
À la fin du siècle dernier, à la Cinémathèque française, parmi les cinéphiles les plus maniaques, de ceux qui semblent avoir sacrifié leur vie pour le cinéma, il y avait un certain Péplum (surnom que cet homme âgé alors d’une soixantaine d’années devait à sa passion pour ce genre). Il ne semblait avoir d’autres désirs et ambitions que de continuer à passer sa vie dans une salle de cinéma. Une connaissance osa lui demander un jour : « Et si un génie te proposait d’exaucer ton vœu le plus cher, que lui demanderais-tu ? » Celui qui lui posait la question espérait probablement briser la glace pour que Péplum lui confie une frustration intime. Peut-être s’attendait-il à ce qu’il lui réponde « une histoire d’amour », « fonder une famille », « un tour du monde » ou « gagner au loto ». Non, Péplum, sans même y réfléchir une seconde, lui répondit : « Une intégrale Warner à la Cinémathèque ! » Péplum appartenait encore à une cinéphilie pour laquelle le nom d’un studio représentait toute une esthétique, une politique, des cinéastes, des stars, des genres. Lui aimait les films Warner par-dessus tout. Le studio le plus expérimentateur, audacieux et engagé, celui des grands films noirs et pré-code des années 1930, que l’on a parfois appelé le « studio du peuple » face à l’usine à vendre du rêve qu’était la MGM.
Heureusement, Péplum, tu n’es plus là pour voir ça : la Warner est à vendre, et deux ogres se la disputent. D’un côté Netflix, studio version XXIe siècle, qui ne se cache pas de vouloir en finir avec les salles, en transformant les films en contenu et les spectateurs en consommateurs sédentaires. De l’autre côté, la Paramount, un studio encore plus ancien que la Warner mais détenu depuis cet été par David Ellison, proche de Donald Trump par son père Larry Ellison, deuxième plus grosse fortune mondiale. Alors que Netflix ne veut racheter que le studio Warner Bros et la plateforme de streaming HBO Max, Paramount ajoute dans le panier d’autres chaînes de la Warner, dont Discovery et CNN, considéré par Trump comme un média ennemi. Avec Netflix, l’immense catalogue Warner risque de tomber dans les limbes de la plateforme ; avec la Paramount, l’enjeu est plus politique, c’est celui d’une mainmise trumpiste sur les médias. La preuve : alors que Netflix fait plutôt figure d’opposant à la politique de Trump, ce dernier soutient ouvertement le rachat par Paramount, ainsi que des financiers d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar prêts à ajouter des milliards dans la balance. Dans les deux cas se joue un monopole dommageable pour l’avenir de la production et de la distribution, avec un marché du streaming avalant tout sur son passage.
La Warner, jusqu’à certains bouleversements récents, était connue pour protéger le cinéma d’auteur au sein de l’industrie (sa légendaire fidélité à Kubrick et Eastwood, par exemple, ou plus récemment à Nolan et aux Wachowski) et perçue comme l’un des derniers bastions d’une conception « à l’ancienne » d’Hollywood, où demeure l’idée que compte avant tout la singularité des œuvres et des créateurs. On se demande aussi ce que vont devenir ses mythiques bâtiments de Burbank, où une maison fut même construite pour accueillir la société de production d’Eastwood, Malpaso, garantissant l’indépendance du cinéaste au sein du studio. Tout un symbole d’un monde aujourd’hui inimaginable.
À l’heure où j’écris ces lignes, c’est Netflix qui tient la corde, la Warner ayant refusé la dernière offre de Paramount. Même si le patron de Netflix, Ted Sarandos, a assuré vouloir maintenir la distribution en salles des films Warner, on en doute tant c’est contraire à la politique de la maison – le même Sarandos ayant récemment déclaré que l’expérience du cinéma en salle était un « concept dépassé ». Un mail envoyé aux abonnés de Netflix se veut rassurant, affirmant que cette acquisition ne changera rien et aura même comme vertu d’offrir encore plus de choix. Les titres cités ne sont bien sûr pas des films de Raoul Walsh, Michael Curtiz ou William Wellman, ni même de Kubrick, Eastwood ou Nolan, mais les franchises Harry Potter, Friends, Game of Thrones et l’univers DC. On n’en est pas à souhaiter une intégrale Warner, même sur Netflix, mais simplement que cet héritage cinématographique immense ne soit pas dissous dans les gouffres immatériels et amnésiques du streaming. Une chose est sûre : jamais un cinéphile ne rêvera d’une intégrale Netflix.
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