| CARVIEW |


« Tout se dégrade normalement« , c’est aussi une observation sur notre société. Tant de valeurs de base – dont l’égalité, le respect, la solidarité – et de principes des Lumières sont mis à mal sans véritable révolte dans ce monde où l’individualisme et la soi-disant méritocratie portent au pouvoir tant de personnages autocratiques, à la limite de la démence. Le tissu associatif, les syndicats, les mutuelles, les ONG sont dans la ligne de mire. Pire, les quelques-uns qui se rebellent sont criminalisés à coups de législations liberticides, matraqués, voire carrément abattus comme des bêtes par des milices rappelant les heures les plus sombres du XXe siècle. Oncle Sam, réveille-toi, ils sont devenus fous !
L’ultra-droitisation, le libertarisme, c’est ça. Les principes humanistes et égalitaires que l’on croyait acquis, du moins dans nos sociétés dites civilisées, régressent. L’indispensable devient dispensable. L’indéfendable est défendu par la rhétorique du « oui, mais… » et les fachos ressurgissent comme de mauvais champignons sur un dépotoir. Chasse aux boucs-émissaires ouverte : le chômeur, le sdf, l’immigré, le gauchiste, le musulman, l’activiste de l’environnement, le journaliste, le fonctionnaire, l’empêcheur de faire du fric en rond. Loi de la concurrence sacralisée, émergence de médias genre CNews où se débitent la bêtise et la haine sans limites ni contradictions. Rendez-vous dans l’isoloir, pour porter au pouvoir des gens condamnés, par exemple, pour corruption ou détournement de fonds publics. « Oui, mais…« , tic, tac, l’éthique en toc.
« Tout se dégrade normalement »…
Signe des temps, nous assistons à la création d’un Conseil de la paix, chargé de « promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit. » Et accessoirement, de mettre fin à l’ONU. Composition ? Des criminels de guerre, des tyrans et des ultras libéraux. Un ramassis de grabataires et de cinglés dont l’imbécile de mégalo américain dont je ne citerai pas le nom est fait « membre à vie ». Les pays européens historiques ont refusé de participer à cette farce. Tout espoir n’est donc pas mort. Du sursaut, bon sang !
Alors, on fait quoi ? Facile d’écrire sur un blog. On fait son possible, chacun à son niveau. On éduque. On tend la main ou une oreille à l’autre, on s’indigne, on contredit, on dénonce, on manifeste. On n’abandonne aucun terrain à l’intolérance et à la violence physique, économique, sociale, technologique. On reste critique, avec discernement et sens de la nuance. On garde cette capacité d’indignation, chère à Stéphane Hessel. Les valeurs en étendard, on débat, on argumente et on vote pour empêcher le retour des extrêmes.
Je suis tombé hier sur un intéressante vidéo, sur Althea Life-Lab, de Jacques Bauer, clinicien et chercheur suisse, pharmacien de formation et enseignant en biologie quantique. Pionnier dans l’étude du sang vivant, il explore depuis plus de vingt ans une approche unifiée de l’humain, reliant la science aux dimensions subtiles. Il vous, il nous, il me déclare mort(s) en cas de perte de cinq ‘qualités’ : l’émerveillement, la gratitude, l’humour, l’indignation et le respect.
Gardons ces qualités à l’esprit, pour ne pas contribuer à ce que « tout se dégrade normalement« …
Si vous avez scrollé sans lire ces lignes, ce que je comprends, prenez malgré tout le temps d’écouter Jacques Bauer ci-dessous, l’essentiel s’y trouve…


J’ai pris le temps de savourer cette bouffée d’oxygène au milieu de ces plantes qui poussent sur des sols peu fertiles. En Bretagne, on dit que : « Là où fleurit le genêt, la terre est pauvre mais fidèle. » Qui sait si un korrigan égaré dans les reliefs du Plat Pays truffés de nutons ne m’observait pas d’un coin de l’oeil… Peu importe, je dégustais ma rasade de jaune, symbole d’espoir, de clarté et d’optimisme. Le jaune du genêt ne crie pas la joie, il la maintient vivace. Il paraît qu’en Espagne au Portugal, il symbolise la protection et la lumière.

« C’est une journée idéale, pour marcher dans la forêt. on trouverait plus normal d’aller se coucher seuls dans les genêts. »
Même s’il fleurit là où l’on n’attend plus rien, savez-vous qu’il donna son nom à une dynastie ? Au XIIᵉ siècle, Geoffroy V d’Anjou portait une branche de genêt à son casque, symbole de sobriété et de résistance. Son fils, Henri II, roi d’Angleterre, fonda une dynastie baptisée Plantagenêt qui marqua, trois siècles durant, l’histoire médiévale de l’Angleterre et de la France.
A deux mois du printemps, il me plaît de vous offrir ce joli bouquet…

» Et s’émerveiller
Chaque jour encore et toujours
Beautés du monde

C‘est ainsi par ici, que les choses ont changé, que les fleurs ont fané. Que le temps d‘avant, c‘était le temps d‘avant. Idiot utile. Où va donc cet humain qui s’est acheté des soucis ? J’ai quelque part dans le cœur de la mélancolie. Marchant dans la brume, le cœur démoli par une, le jour s’est levé, sur une étrange idée : voici le temps venu, d’aller prier pour mon salut. Quand l’envie m’abandonne, je marche seul. L’amour dans une main et dans l’autre la haine. Trottoirs usés par les regards baissés, qu’est-ce que j’ai fait de ces années ? Je croyais qu’il faut aimer la vie, l’aimer même si le temps est assassin. Mais dans chacun de mes pas, j’emporte comme une ombre, je regarde mes contemporains, c’est dire si j’ contemple rien. Je rêvais d’un autre monde. Est-ce que ce monde est sérieux ?
J’ai dans la voix, certains soirs, quelque chose qui crie. J’ai vécu au nom de l’amour mais d’estrade en estrade, j’ai fait danser tant de malentendus, qui m’ont dit d’aller siffler là-haut sur la colline. Et la lune s’est moquée de moi. Ça doit faire au moins mille fois que j’ai compté mes doigts. Ni égard, ni grand amour, pas même l’espoir d’être aimé. Pauvre diable. Paroles, paroles, paroles, encore et toujours des paroles. Désormais, on ne nous verra plus ensemble. Tant pis s’il faut payer, d’avoir toujours donné.
Le vide dans ma tête, le vide dans mon cœur. Mon ami, viens, je sais tout de toi. Je sais tout de ta vie. Hier encore. Mais t’es où ? Pas là… Je n’ai plus de mur porteur, d’ami en béton, pour voir à l’horizon. Plus de rire qui lézarde les murs, qui sait surtout guérir mes blessures. Pourtant le bonheur, c’est comme faire du vélo sans les mains. Prendre furtivement sa main, oublier un peu les copains, la bicyclette. Félicie aussi, mais dieu que cette fille a l’air triste, amoureuse d’un égoïste, la groupie du pédaliste. Nettoyer, balayer, astiquer, rendez-vous au prochain règlement.
Puis, le travail, c’est la santé, mais usez vos souliers, usez l’usurier. Les fers à nos chevilles. Les gens se lèvent, ils sont brimés, les ouvriers sont déprimés. J’en ai pris, des trains à travers la plaine. Mais je prends l’train pour le Bon Dieu, je prends le train qu’est avant l’tien.
Pour moi, il y a longtemps qu’c’est fini. J’comprends plus grand’chose, aujourd’hui. Tu étais formidable, j’étais fort minable. Je veux mourir malheureux, pour ne rien regretter. Je passe à l’action quitte à monopoliser l’attention, et je serai content, quand je serai mort, vieille canaille. C’est la fin, retiens ton souffle et compte jusqu’à dix. Un taxi pour la galaxie, je m’en irai dormir dans le paradis blanc, m’asseoir à sa table, et dire ma vérité, l’innocent, le coupable, l’homme que j’étais. Mon âme dans les froids, dans les flammes. Un jour tu leur diras, Dieu sait mon histoire. Tout y est. Voilà, c’est fini.

Alors, as-tu identifié les auteurs et les extraits ? Découvre les réponses ici.
J’écris pour le plaisir, pas pour le buzz, mais parfois, ça décolle un peu.
Voici le top 5 de mes Nébulosités variables.
1. Foutue loi du mort-kilomètre – 51 228 vues – 2015. Critères : photo choc, explication technique journalistique, émotion, call to action, effet viral sur Facebook et matière à débat.
Je ne republie pas la photo ici car elle est difficile à regarder.
2. Arditi et la tirade du con – 41 562 vues – 2017. Cet article est le phare du blog qui continue de briller. Le compteur augmente chaque jour grâce à lui, et cela ne semble pas près de s’arrêter. Il deviendra numéro 1 courant de cette année. Critères : acteur populaire, tirade exceptionnelle qui parle au plus grand nombre, rediffusion régulière du téléfilm et excellent référencement sur les moteurs de recherche.
» Vous êtes un con… D’une espère rare, je le reconnais. Catégorie suprême, celle qui cumule le con malgré lui et le con satisfait de l’être. »
3.Message royal suite au drame de Sclessin – 23 336 vues – 2012. Critères : humour, parodie d’un discours royal, rivalité sportive dans le football, effet viral.
4. Les courses chez Colruyt, la belle affaire – 9218 vues – 2012. Critères : satire, vie quotidienne, situations vécues, effet viral, réactions.
5. Defour ? Puisqu’on vous le dit. 8347 vues – 2014. Critères : rivalité sportive, sentiment de trahison, information très médiatisée, effet viral.

Et sur vos blogs respectifs ?
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Lors de mon dernier périple en terre bretonne, je me suis laissé séduire, non pas par une sirène, mais par l’ouvrage Le bel album illustré des Légendes de Bretagne. Ce beau livre est signé par Pascal Moguérou, qui en a écrit les textes et aussi réalisé les magnifiques dessins qui illustrent six légendes. La couverture représente, à elle seule, une porte vers d’autres mondes.

Plongeons donc dans les beautés de la Bretagne, ses forêts mystérieuses, ses côtes escarpées, ses masures et châteaux, trous mystérieux, ses brumes et tempêtes et petites îles en pleine mer.
Entre objets mystérieux, arbres fantastiques, fées, dragons, sirènes et, bien sûr, korrigans, l’immersion est totale.
Petit coup de coeur tout personnel pour la légende l’île maudite, ou comment une histoire de bijou volé frappa de malheur les habitants d’une petite île, privée de soleil, mer calme et pêche fructueuse.
Jusqu’au jour où le petit Luc qui… « avait posé des nasses à la pointe des vents« , s’en alla « voir si avec de la chance, un beau homard ne s’y était pas laissé prendre. Il arriva à l’endroit des pièges, mais s’arrêta stupéfait ! Il n’en croyait pas ses yeux !«
La suite ? Je vous la recommande, comme les cinq autres merveilleuses légendes, dans :
MOGUERU Pascal, Le bel album illustré des Légendes de Bretagne, éd. Au bord des continents, 2019, 90 pp.
Chapeau bas à l’auteur pour son talent à la plume et au crayon. Si un korrigan ne se déplace pas pour le faire en personne, je lirai ces récits avec bonheur aux petits-enfants lors de leur prochain séjour. Mais, au fait, ne serait-ce pas un peu moi sur la couverture ?

